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jeudi 22 septembre 2016

Attentat de Nice : en exclusivité dans "Complément d'enquête", le témoignage d'une policière qui a ouvert le feu sur le terroriste


Complément d'enquête. Attentat de Nice : une policière raconte l'intervention pour la première fois "Complément d'enquête" a rencontré les policiers qui sont intervenus le 14 juillet 2016 à Nice. Ils ont stoppé le camion lancé dans la foule sur la promenade des Anglais après une course folle de 2,5 kilomètres. Le conducteur sera finalement neutralisé, après avoir fait 86 morts et 400 blessés.
Pour le magazine, une policière qui a ouvert le feu sur le terroriste a accepté de témoigner pour la première fois. Le visage de Magalie, 36 ans, reste caché alors qu'elle raconte des moments extrêmement éprouvants. 
"Quand on arrive à la cabine, on avait l'arme à la main. Le conducteur, il prend une arme et il nous tire dessus. Moi, c'est la première fois de ma vie que je me prenais un canon à 2, 3 mètres de ma tête, et j'ai encore cette image." 
Des images vidéo amateur montrent Magalie courant, arme à la main, derrière le camion sur la promenade des Anglais, au milieu de la foule. "On repart en courant derrière le camion avec mes deux collègues, et c'est là qu'on commence à voir le massacre. Nous, on court derrière le camion, et il y a des gens qui... il y a des corps."

"Même si on doit mourir, il faut l'arrêter"

"En fait, je le vois comme si je regardais un film, et j'ai pas l'impression que c'est réel, continue la jeune femme. On réalise, en fait... que devant nous, il y a un attentat. Donc là, on court, et plus que tout, on veut que ça s'arrête.
J'avance à la cabine. C'est là que j'entends les deux, trois premiers coups de feu, et je me dis 'faut y aller', 'faut y aller, même... (sa voix se brise) même si on doit mourir, mais il faut l'arrêter'. Donc moi, je m'avance à la cabine, et je tire à plusieurs reprises par la fenêtre passager. Après, je me recule, j'entends encore des coups de feu, des coups de feu, et je vois la tête de... de ce terroriste, qui était inerte sur le côté passager."
http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaque-au-camion-a-nice/

vendredi 23 octobre 2015

«Le chauffeur de bus a pris ma copine par le cou et l'a tirée par les cheveux ! Il voulait la taper !»

Deux adolescentes de 14 ans ont porté plainte après avoir, selon elles, été violentées par un chauffeur de bus, lundi soir, en plein centre de Toulouse. Elles avaient brisé les vitres du bus afin de se libérer.
Deux collégiennes choquées et meurtries, deux témoignages qui font froid dans le dos. Léonor*, 14 ans, et son amie du même âge se trouvaient, lundi, vers 18 h 20, dans le secteur de François-Verdier, à Toulouse. Les deux jeunes filles, d'abord soupçonnées d'avoir volontairement saccagé un bus Tisséo (notre édition de mercredi), ont été blanchies après une garde à vue éprouvante de 27 heures. De son côté, le chauffeur du bus a, à son tour, été placé en garde à vue après le visionnage, par les enquêteurs, des images de vidéoprotection. Il est ressorti libre mais devra s'expliquer devant un juge. Les images transcrivent une scène édifiante. Léonor a accepté de nous raconter les faits tels qu'elle les a vécus.
Que s'est-il passé lundi en fin d'après-midi ?
On était toutes les deux au Grand-Rond et on voulait aller à Saint-Cyprien. Là, on a vu le bus numéro 1. Ma copine a crié «Monsieur ! Monsieur !». Le chauffeur s'est arrêté. Il n'était pas content. Je lui ai dit de se calmer et je lui ai demandé si le bus allait à Saint-Cyprien. Il n'y avait personne dans le bus. C'est vrai, je n'avais pas ma carte mais ma copine a validé la sienne.
Que s'est-il passé ensuite ?
Je suis partie à l'arrière. Il criait toujours et s'en prenait à ma copine. Tout à coup, il l'a prise par le cou et l'a soulevée. Moi j'étais choquée. Il a pris mon amie par les cheveux et l'a jetée. Là, je me suis mise entre les deux.
S'est-il calmé ?
Non ! Il a commencé à me taper aussi. On lui a donné des coups de pied au ventre. Il a arrêté. Moi j'ai dit à ma copine d'appeler la police mais elle tremblait tellement qu'elle n'y arrivait pas. Il a fermé le bus et il a avancé vers nous. Il criait, il nous insultait et il a refrappé ma copine.
Qu'avez-vous fait ?
On a pris des marteaux brise vitre. On tapait pour que les témoins nous voient. Je suis allée devant, j'ai cassé la première vitre et je me suis ouvert la main. J'ai pu parler à un Monsieur et je lui ai dit d'appeler la police. Le chauffeur nous a dit «Comment on fait maintenant ?» Il était en face de nous avec un brise vitre et nous menaçait. Moi j'étais à l'avant avec le témoin. Le chauffeur a sauté sur ma copine et a voulu la taper avec le brise vitre. Elle s'est défendue et lui a fait une égratignure. On a cassé les vitres.
Vous avez donc été interpellées ?
Oui. Ce qui nous a choquées le plus c'est que personne ne nous a écoutées, personne ne nous a crues jusqu'à ce que le témoin parle et qu'ils voient les caméras.
Comment se sont passées vos gardes à vue ?
On était déjà sous le choc et on a passé 27 heures là-bas. Ils ne savaient pas qu'on n'y était pour rien et ils ne nous ont pas crues. On n'était vraiment pas bien.
Vous avez des séquelles aujourd'hui, deux jours après ?
On a vu un médecin et passé des radios à Rangueil. Ma copine a mal au poignet. De mon côté, je ne peux plus prendre un bus. C'est impossible. Je préfère marcher. Nos parents ont porté plainte.
*Le prénom a été modifié
**Contacté, Tisséo n'a souhaité faire aucun commentaire et indique attendre les suites de l'enquête.

http://www.ladepeche.fr/article/2015/10/23/2203369-chauffeur-bus-pris-copine-cou-tiree-cheveux-voulait-taper.html

mercredi 29 avril 2015

Sonia, victime de violences conjugales

«Je témoigne pour les autres femmes». Sonia a le courage de parler des violences que lui a fait subir son mari. Elle a reçu l'aide de l'association «Du côté des femmes».
Sonia, une intérimaire muretaine, mère de cinq enfants, a trouvé le courage d'affronter un mari violent. Aujourd'hui, elle est divorcée, son mari est en prison et elle tient à raconter les violences qu'elle a vécues pendant 17 ans et dont elle garde encore les stigmates aujourd'hui.
Quand ces violences ont-elles commencé ?
Dès le premier jour de notre mariage, j'ai pris une claque. Ensuite, il me frappait quand il avait eu une mauvaise journée au travail, quand il était de mauvaise humeur, à coups de poing ou avec des objets, un jour, avec un tabouret. J'ai des cicatrices partout. C'était aussi un maniaque du ménage et il me frappait quand il y avait un peu de bazar. Si j'obéissais, ça allait. Il m'a ensuite interdit de sortir avec mes copines et m'a coupée de ma famille. Je n'ai rien dit, je n'ai jamais porté plainte, même quand certains médecins me disaient qu'il y avait des associations pour m'aider. J'étais une femme soumise, sous son emprise.
Un jour, pourtant, vous avez décidé de réagir…
Oui, quand les enfants ont eu 12/13 ans et qu'il a commencé à les battre. Quand ma fille pleurait, je me disais que c'était de ma faute, que j'étais restée trop longtemps avec lui. Un jour, ma fille aînée a fait une fugue, ça a été le déclic. J'ai prévenu les gendarmes, nous nous sommes séparés et après, j'ai demandé le divorce. Sa famille m'est tombée dessus, par contre, j'ai eu le soutien de la mienne à qui je n'avais rien dit. Mais il ne l'a pas accepté, j'ai vécu l'enfer. Ça continue, je reçois des insultes et il y a 15 jours, il m'a violemment frappée sur le parking en bas de chez moi. Il est passé en comparution immédiate et a été condamné à 18 mois de prison ferme.
C'est alors que vous êtes allée voir l'association «Du côté des femmes» ?
Oui, j'avais vu l'affiche chez le médecin. Je ne m'habillais plus, je ne sortais plus. J'ai été écoutée, entendue, et on m'a fait comprendre que tout ça, ce n'était pas de ma faute, ce qu'il avait réussi à me faire croire. J'ai tenu le coup, je suis fière de moi, je prends de l'assurance. Je remercie les gendarmes de Muret, les témoins de mon agression, mon avocate qui m'ont aidée et soutenue. Je veux dire aux femmes qui subissent les mêmes choses que moi qu'on peut vivre une vie sans violence. Je me suis promis qu'il ne m'empêchera pas de vivre
 

samedi 28 mars 2015

"Revivre après la mort d'un enfant"

Parce qu'il n'y a pas de mot, ni de statut, après que l'on a perdu un enfant, ils sont simplement restés Hélène et Laurent. Parce qu'un an après le séisme qui a secoué leur famille, ce couple de gens discrets, établis à Pourrières, parle de l'accident qui a coûté la vie à leur fille Julia, 16 ans, et Héléna, une autre lycéenne de 17 ans.
Elles se trouvaient à bord du minibus qui les ramenait chez elles, un vendredi, après le lycée. Un trajet ordinaire qui tourne au cauchemar, sur la RD7N, l'ancienne Nationale 7, au pied du paisible chemin des Amandiers. "C'est là, juste là...", soupire Hélène qui passe chaque jour à l'endroit où le minibus a été heurté à l'arrière par un camion. Une information judiciaire est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l'accident mortel.
C'est une peine à perpétuité pour une faute que l'on n'a pas commise
"Nous avons confiance dans la justice pour connaître toute la vérité. Et puis nous avons envie de générer une prise de conscience, pour que ce qui nous arrive, ne touche pas d'autres familles." Parce que depuis un an, et ils le disent très dignement, "notre vie a explosé. C'est une peine à perpétuité pour une faute qu'on n'a pas commise. Comme si j'étais amputée, personnellement, d'un membre. Bien sûr, confie cette maman de 43 ans,ce serait facile de sombrer dans la haine, les ténèbres et la colère. Oui, ce serait facile."
Reste, et cela peut sembler paradoxal, que "nous sommes tellement anéantis, que nous avons besoin de nous reconstruire pour retrouver un semblant de vie normale". Si Julia n'est plus là pour rire, peindre et rapporter ses bulletins de première de la classe (c'était comme ça depuis la maternelle, avec le dernier qui affiche une moyenne de 18,86/20 en seconde scientifique avec une année d'avance), sa soeur cadette est ce qui pousse Hélène et Laurent à tenir. Coûte que coûte. Un pas après l'autre, "sur un chemin où les gens qui nous soutiennent, depuis notre famille proche jusqu'aux inconnus qui nous écrivent, sont autant de petites lumières pour nous aider à avancer depuis ce 27 mars 2014". Ce soir-là, Hélène est à la maison et attend le retour de Julia.
"Quand elle était au collège, je l'amenais et je la ramenais. Je suis un peu... maman poule, s'excuse-t-elle du bout des lèvres, le sourire fugace. Pour la première année, je consentais à la laisser prendre la navette scolaire, parce que je pensais qu'elle y serait en sécurité."
Le trajet est toujours le même : un grand bus de 50 places ramène les élèves jusqu'à Pourrières, où un minibus les prend et les dépose devant chaque maison. "Ce soir-là, ne la voyant pas rentrer, je lui envoie un SMS : 'Chérie, tu es où ?' Elle ne répond pas et je l'appelle. Il est 17 h 42. Pas de réponse."
Hélène téléphone à son mari pour l'alerter. "J'ai pris ma voiture pour aller voir. J'ai croisé une copine de ma fille à qui j'ai demandé si elle avait vu Julia. Elle m'a répondu qu'elle était sûrement dans la navette, mais qu'il y avait eu un accident..."
Une pétition pour sécuriser la RD7N
Hélène panique : "Je descends encore et je vois la file de voitures sur la Nationale 7, des pompiers partout, un hélicoptère... Je ne comprends pas, je ne m'attends pas à voir la navette là."
Un médecin du Samu s'approche, demande ce qu'elle fait là. Elle répond qu'elle vient chercher sa fille, avant de voir un corps allongé. "Ils s'occupaient tous d'elle. J'ai reconnu ses chaussures, délacées et posées à côté de ses pieds." On lui annonce doucement qu'on n'a pas pu la sauver. Et puis après... "Il faut assurer la logistique", raconte Hélène avec une moue triste.
Aller récupérer sa cadette à l'école et lui bander les yeux pour qu'elle ne voie pas la scène. Une maman reste une maman. Rentrer à la maison pendant que son mari demeure avec Julia. Tomber, se relever et rester debout pour leur fille cadette, 10 ans aujourd'hui. "On ne met pas un enfant au monde pour le laisser au bord d'une route." Hélène, elle, est comme restée debout au bord de la Nationale 7, "figée au 27 mars. On me dit de continuer à marcher, et tous les gens qui nous soutiennent, me servent de prothèse". Comme les souvenirs qu'elle garde de cette brune aux yeux noirs qui voulait être médecin.
Depuis, une pétition a circulé et un collectif est mobilisé pour faire sécuriser la RD7N. Plus de 10 000 personnes sont "amies" avec la page Facebook "Soutien à Héléna et Julia, décédées dans un accident de bus". Ce soir à 18 h 30, une messe sera célébrée en la basilique de Saint-Maximin, pour leur rendre hommage. "On va tenir bon, pour les filles. Promis."
Une information judiciaire ouverte
Danielle Drouy-Ayral, le procureur de la République de Draguignan, nous indiquait hier qu'une information judiciaire a été ouverte par le parquet et confiée à un juge d'instruction, les jours qui ont suivi l'accident mortel qui a coûté la vie à Julia et Héléna. "Les investigations sont encore en cours", indique la responsable du parquet de Draguignan. Et la justice attentive à ce dossier.

http://www.laprovence.com/article/actualites/3331301/revivre-apres-la-mort-dun-enfant.html