Depuis son arrivée en 2007 à l’hôpital de Sarrebourg, le praticien a opéré un millier de personnes, leur posant des prothèses de hanche, de genou ou d’épaule, dans un service de chirurgie spécialisée dont les résultats excellents font la fierté de l’établissement. Sauf qu’officiellement, le chirurgien n’est inscrit qu’en qualité de simple médecin généraliste. L’ordre des médecins a soulevé l’anomalie il y a six mois. « Il est exact que ce chirurgien a exercé sans être inscrit au sein du conseil de l’ordre de la Moselle, admet Stanislas Louvel. Mais il ne s’agit que d’un problème administratif. »
Des séquelles sur sept patients ?
Un problème administratif qui est désormais entre les mains de la justice, depuis qu’une plainte a été déposée début mai par un collègue sarrebourgeois du médecin incriminé. Les faits étant jugés suffisamment sérieux, une enquête pour usurpation de titre, de diplôme ou de qualité, et pour violences sans incapacité totale de travail a été ouverte par le parquet. Car « des patients se sont par ailleurs plaints de séquelles lors d’au moins sept opérations, avec des invalidités. »Pourtant, la formation du praticien est parfaitement valable. « Il a fait tout le cursus dans les règles de l’art », note une source proche du dossier, contactée par nos soins. Et, avant d’arriver à Sarrebourg, il avait exercé durant plusieurs années la chirurgie orthopédiste en toute légalité, sans soulever de suspicions.
Une négligence du service administratif de l’hôpital semble être à l’origine de l’emballement de l’affaire. « Normalement, c’est à l’établissement d’enregistrer le médecin au sein du conseil de l’ordre, souligne l’avocat de l’ordre des médecins. Mais il semble qu’en arrivant en Moselle, les démarches n’aient pas été effectuées correctement par l’hôpital. »
En décembre dernier, l’ordre des médecins frappe donc à la porte de l’hôpital. Une procédure a été lancée pour régulariser la situation. Le chirurgien est passé devant la commission de qualification de l’ordre des médecins. Ses diplômes ont été validés, et il a été inscrit officiellement en qualité de chirurgien orthopédiste
Déterminer les responsabilités
L’homme a donc réintégré le bloc opératoire, sans se douter qu’une cabale se fomentait en coulisses. « Maintenant, tout est en règle , confirme la même source. C’est un chirurgien dont les compétences sont reconnues, et le service de chirurgie orthopédique de Sarrebourg est réputé pour ses succès. C’est une histoire de jalousie entre médecins. Ça donne une idée de l’ambiance qui règne dans ce service… »L’affaire n’est néanmoins pas close. « S’il s’avère que la direction a sciemment couvert le médecin en sachant que ses diplômes n’étaient pas en règle, je demanderai au ministère de la Santé l’intervention de l’Inspection générale des affaires sociales », a insisté un élu local. L’enquête du parquet de Metz devrait permettre, d’ici ces prochains jours, de déterminer les responsabilités des uns et des autres dans cette affaire de clochemerle en milieu hospitalier
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