Ses proies : de préférence les personnes vulnérables. Conseiller du père de Clarisse Bouquet, il inspire confiance. Ses conseils sont plutôt inspirés et judicieux. C’est à la mort de l’octogénaire en 1998, qu’il dérape. Il prend sous sa coupe la mère de Clarisse, une dame âgée de la grande banlieue nancéienne. Lui fait vendre deux maisons de famille, signer des dizaines de chèques, se fait remettre des sommes exorbitantes en liquide. Le tout contre des promesses de juteux placements. Clarisse, dans le sud et en plein divorce lui confie également son portefeuille…
En 2008, remariée, la dame se pique de connaître l’état de ses placements. Stupeur : ils ont fondu comme neige au soleil. Dominique, son époux, renifle l’arnaque. En avril, le couple prend un rendez-vous chez un cadre AGF à Paris.
420.000 € volatilisés
Dix minutes suffisent à découvrir le pot aux roses : leur conseiller financier a détourné les sommes, embringué dans une spirale infernale de cavalerie. Clarisse a perdu 90 000 €. Sa mère : 420 000 € ! Pourtant, le siège se gardera bien de bouger. Attendra le mois d’août suivant pour licencier son salarié, n’avertira pas sa clientèle, ni l’autorité qui régule la profession, censée être avertie de la présence d’une « brebis galeuse » dans ses rangs.Ce qui permettra à l’homme de continuer quelques mois encore ses activités délictueuses. D’ailleurs, AGF attendra 2010 pour porter plainte, après qu’une victime est parvenue à se faire indemniser.
Face à cet attentisme, le couple Bouquet dépose plainte en septembre 2008. La brigade financière du SRPJ de Nancy est saisie. 50 victimes lorraines sont rapidement mises à jour ! Parmi elles, un Mosellan non-voyant, spolié à hauteur de 150 000 € environ. L’homme ne décolère pas : « Il était mes yeux ! », confie-t-il.
L’affaire est à l’instruction depuis quatre ans. Les époux Bouquet attendent impatiemment la clôture du dossier et son audiencement au tribunal correctionnel. « Nous craignions que ça tarde trop et que ma mère, aujourd’hui nonagénaire ne soit pas entendue. Cette histoire l’a énormément affectée ». Au-delà des sommes détournées, le sentiment d’avoir été une proie facile ronge la vieille dame. D’autant qu’AGF lui a longtemps dénié à elle et sa fille, le statut de victime. « Il est impossible, en l’état actuel de nos recherches, de vous confirmez ou d’infirmer que vous avez été victime d’une éventuelle malversation à votre insu par M.X », tranche dans un courrier un responsable du département Qualité Contrôle permanent.
Joint, vendredi, le directeur régional AGF n’a pas souhaité s’exprimer. Le département médiation quant à lui ne répondait pas.
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2012/05/06/promis-juteux-ils-etaient-fictifs
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