Cinq jeunes étaient jugés au tribunal correctionnel de Charleville pour l'agression du patron du Mogador en février dernier. Les cinq prévenus ont été condamnés.
VENDREDI, une audience spéciale avait été inscrite au tribunal correctionnel de Charleville-Mézières. Cinq jeunes y étaient jugés pour l'agression commise sur le patron du bar Le Mogador, situé rue de Fleurange à Sedan. René Granger, le patron, présent à l'audience, s'en était alors sorti avec un mois d'ITT.
Le jour des faits, le dimanche 19 février, vers 3 heures du matin, les fonctionnaires de police qui sont intervenus avaient trouvé l'établissement complètement saccagé.
Lors d'une première audience de comparution immédiate, les cinq jeunes convoqués à la barre ont tous affirmé le contraire des accusations des parties civiles. Prenant acte du fossé séparant les deux versions, le président a choisi alors d'ordonner un supplément d'information pour vérifier qui a décidé d'appeler les secours. Une demande également souhaitée par les avocats des jeunes.
Le tribunal a aussi demandé au parquet de convoquer les témoins qui étaient présents, le soir des faits, pour être auditionnés.
Vendredi tout ce petit monde s'est retrouvé à la barre pour témoigner et pour être confrontés aux prévenus.
À l'issue d'une longue audience - débutée à 13 h 30 et terminée vers 21 heures - émaillée de moments de tension, les juges ont rendu leur décision condamnant les cinq prévenus pour les dégradations commises dans le bar et les violences commis en réunion sur le patron de l'établissement.
L'alcool en cause
Patrice, 29 ans, est condamné à 1 an de prison assorti de sursis. Michaël, 30 ans, condamné à 12 mois de prison dont 6 mois de sursis et mise à l'épreuve. Cyril, 26 ans, condamné à 18 mois de prison dont 12 mois de sursis et mise à l'épreuve. Nicolas, 30 ans, condamné 6 mois de prison assortis de sursis. Loïc, 25 ans, condamné à 6 mois de prison avec sursis.
En tout cas, si l'audience n'a pas permis de déterminer le rôle joué par chacun des prévenus le jour des faits, elle a en revanche permis de faire savoir que l'alcool a été à l'origine du dérapage qui a entraîné la bagarre et le saccage du Mogador.
En effet, la plupart des témoins ont souligné que les personnes présentes dans le bar ce soir-là - dont les cinq prévenus arrivés vers 2 h 30 au moment où le patron s'apprêtait à tirer le rideau de l'établissement - étaient en état d'ébriété. Les cinq jeunes ont d'ailleurs expliqué à la barre qu'ils fêtaient l'anniversaire d'un copain et qu'ils avaient décidé de terminer la soirée dans un bar du centre-ville de Sedan. Ils ont atterri au Mogador car c'était le seul bar ouvert lorsqu'ils sont arrivés en ville. L'autre enseignement qu'il faut tirer de ce procès, c'est le témoignage de René Granger, patron du bar dans lequel il y a deux tables de billard. L'homme a eu une vingtaine de points de suture sur le visage. Il a perdu trois dents. Il a reçu un coup de tabouret qui lui a démis l'épaule - remise en place « sous anesthésie générale ». Au final, un mois d'ITT. Si cet homme, originaire de Saint-Aignan et âgé de 58 ans, se dit « dégoûté » de ce qui est arrivé, il précise : « Ces jeunes, ce n'est même à nous qu'ils en voulaient. On s'est trouvé sur leur chemin, c'est tout ». Le tribunal a aussi ordonné une expertise médicale pour déterminer le montant des dommages et intérêts qui seront débattus au mois d'octobre lors du procès civil.http://www.lunion.presse.fr/article/ardennes/lagression-du-mogador-on-sest-trouve-sur-leur-chemin
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