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mercredi 25 avril 2012

Le braqueur tombe sur un os

« Sur le coup, je suis restée calme. C’est rétrospectivement que j’ai eu peur, je n’ai pas dormi de la nuit. Il tenait son arme contre ma tempe, mais surtout, il était nerveux et répétait la caisse, la caisse », rapporte Mme Danièle Jacquot dans l’arrière-boutique du bureau de tabac-presse qu’elle et son mari tiennent à Novillars dans la périphérie de Besançon. Le commerce se trouve juste en face d’une grosse entreprise de papeterie, le long de la route nationale 83 traversant de part en part la commune en direction de Belfort. Il est alors près de 16 h 30 lundi, une heure de moindre affluence pour un tel commerce.
Le patron, M. Michel Jacquot se trouve dans la réserve : « En fait, ma femme était à l’arrière du magasin. Elle a entendu quelqu’un dire, vite la caisse, la caisse, elle a cru à une blague. Elle est allée voir et là, s’est retrouvée en face d’un homme portant sur le visage un masque blanc et noir avec un pistolet dans la main droite et un sac dans la gauche. J’ai vu la scène ».
Buraliste aujourd’hui, Michel Jacquot est un ancien militaire spécialiste du close-combat et du tir et ancien formateur de gardes rapprochées de chefs d’état Africains. Il souligne : « Je me suis approché, je lui ai dit, enlève le pistolet. J’ai pris son sac et fait semblant d’ouvrir la caisse, je l’ai pris par sa main tenant l’arme, c’était un pistolet à grenaille. J’ai arraché son masque, je l’ai maîtrisé mais ma femme était paniquée, elle s’est approchée et il a voulu la saisir, je lui ai tordu le bras et ai arraché l’arme ».
Dans la bagarre, deux coups de feu partent dont un en l’air. Michel Jacquot va être légèrement brûlé et recevoir un coup de crosse sur la tête. Ne s’attendant pas à pareille résistance et pareille tournure des événements, le braqueur quitte précipitamment les lieux bredouille et en abandonnant l’arme sur place. A l’extérieur, il grimpe dans un fourgon de couleur blanche, un complice au volant démarre en trombe. Le buraliste relève le numéro d’immatriculation et donne l’alerte.

Les pneus crevés

Aussitôt, le centre opérationnel de la gendarmerie active les compagnies de Besançon et Baume-les-Dames, les brigades de Roulans et l’Isle-sur-le-Doubs ainsi que les pelotons de surveillance et d’intervention de Besançon et Montbéliard. La coordination des services et la rapidité de la mise en place de l’opération vont se révéler payantes. Le fourgon est vite repéré par les gendarmes de Roulans qui le prennent en chasse. Une course-poursuite s’ensuit en direction de Clerval.
Ne quittant pas la RN 83, les fuyards vont finir leur course sur le territoire de la commune de Rang à 35 km de Montbéliard. Leur fourgon se heurte à une herse amovible tendue sur la route et s’immobilise, les pneus crevés. Il est 18 heures, les gendarmes interpellent sans heurts les trois occupants du véhicule. L’un est âgé de 19 ans, les deux autres ont respectivement 16 et 17 ans et sont originaires de Fesches-le-Châtel et Belfort. Le braqueur parfaitement reconnu par le buraliste est l’un de deux mineurs. Le parquet de Besançon a prolongé hier leur garde à vue dans les locaux de la brigade de recherches. Une ouverture d’information judiciaire devrait avoir lieu aujourd’hui.
Par ailleurs, Michel Jacquot qui est aussi secrétaire de la confédération des débitants de tabac du Doubs tient à souligner : « Plus on augmente le prix du tabac, plus on crée la contrebande et plus les délinquants croient que nos caisses contiennent de grosses sommes. Or, sur une recette quotidienne, on a 30 % en espèces, 40 % en cartes bancaires, le reste en chèques ».

http://www.estrepublicain.fr/actualite/2012/04/25/le-braqueur-tombe-sur-un-os

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