Faits divers

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vendredi 13 avril 2012

La jeune inconnue trahie par son passé

La diffusion d’un avis de recherche national et d’un appel à témoins par voie de presse a finalement porté ses fruits. La mystérieuse inconnue de Sarrebourg (lire RL d’hier) a été identifiée hier. Les policiers du commissariat de Sarrebourg ont reçu des dizaines d’appels de collègues de toute la France qui ont reconnu la jeune fille recueillie la semaine dernière à l’hôpital Saint-Nicolas de la ville.
Elle s’y était rendue, expliquant avoir avalé des piles et s’être fait taper par sa mère. Aux médecins, elle a prétendu qu’elle avait 13 ans. Mais elle opposait un mutisme total aux policiers, appelés face à l’incohérence de ses paroles. Depuis, les enquêteurs tentaient d’identifier, à l’échelle régionale, cette mystérieuse muette. Au final, c’est en élargissant les recherches au niveau national qu’ils ont obtenu l’identité de la jeune fille.
Originaire d’Avignon, elle est âgée de 21 ans et souffre de graves troubles relevant de la psychiatrie. Elle présente les symptômes du syndrome de Münchhausen, une pathologie psychologique caractérisée par un besoin de simuler une maladie ou un traumatisme pour attirer l’attention. De fait, elle est suivie depuis le plus jeune âge par les services sociaux du Vaucluse.
Grâce aux appels reçus de leurs collègues de toute la France, les policiers de Sarrebourg ont réussi à reconstituer le parcours de la jeune femme depuis trois ans, lorsqu’elle a quitté sa région pour entreprendre un drôle de tour de France. De ville en ville, sans argent et sans pièce d’identité, elle a écumé des dizaines d’hôpitaux, dans la région parisienne, le Sud, l’Est et même la Corse. Elle s’y rendait, affirmant avoir été victime d’une agression (s’automutilant même parfois pour davantage de crédibilité), d’un viol ou d’avoir été forcée d’ingérer des piles. Elle s’enfuyait des services lorsqu’elle se sentait repérée.

Prise en charge

De fait, des dizaines de dossiers la concernant ont été constituées dans les commissariats et gendarmeries où elle est passée. Mais ces faits n’étant pas suffisamment graves, elle n’a jamais été inquiétée, et a été confiée soit aux services sociaux, soit aux hôpitaux à l’issue de chacune de ses auditions. Cette fois-ci, la patiente sera prise en charge par l’Udaf (Union départementale des associations familiales) du Vaucluse, et sera raccompagnée à l’hôpital psychiatrique où elle séjourne habituellement près d’Avignon.
Avant d’arriver à Sarrebourg en train, elle avait fait étape à Nancy. Elle avait séjourné deux jours dans les services de l’hôpital Brabois pour une prétendue agression sexuelle, avant de s’enfuir vers la Moselle-Sud.
http://www.republicain-lorrain.fr/faits-divers

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