Ce vendredi, au matin même de son procès, le
sniper présumé de la prison de Varces s'est suicidé à la maison d'arrêt de
Lyon-Corbas. Marcel Egea aurait dû comparaître devant les assises du Rhône. Il
était accusé d'"association de malfaiteurs" et de "meurtre et
tentative de meurtre en bande organisée en récidive légale". Un homme au
passé judiciaire chargé : en 1978, il avait déjà été condamné à 20 ans de
réclusion criminelle pour tentative de meurtre lors d'un braquage. Il était
accusé d'avoir abattu de cinq balles Sghaïr Lamiri, un détenu de 29 ans, le 28
septembre 2008 en pleine cour de la prison de Varces, en Isère. Peu après
l'annonce de son suicide, le procès, où devait également comparaître Mourad
Bouziane, accusé d'avoir commandité ce meurtre spectaculaire et inédit en
France, a été renvoyé.
La victime, Sghaïr Lamiri, purgeait une peine de huit ans de
prison pour vols à main armée. Il était lié à l'un des clans s'affrontant dans
des règlements de comptes sanglants dans l'agglomération grenobloise depuis
plusieurs années. Son frère, trafiquant notoire, avait été tué en 2003. D'après
des informateurs de la police, Sghaïr Lamiri était tenu pour responsable d'un
guet-apens monté en 2007 en Isère, à Champagnier. Un homme y était mort et un
autre avait été blessé grièvement. Un certain Mourad Bouziane en avait réchappé.
Un fusil encore chaud
Les tirs ayant atteint Sghaïr Lamiri en ce 28 septembre 2008
provenaient d'un tireur embusqué positionné sur une colline surplombant
l'établissement pénitentiaire. Un quart d'heure après les faits, Marcel Egea,
alors âgé de 58 ans, avait été arrêté sur une moto volée. L'homme portait un
fusil de chasse à lunette Remington dont le canon était encore chaud. Il était
vêtu d'une tenue de camouflage et prétendait être venu cueillir des champignons.
L'enquête devait montrer qu'il s'était rendu régulièrement sur les lieux
auparavant. A son domicile, des munitions, des jumelles et un trépied pour arme
longue étaient retrouvés.
Rapidement après la fusillade de Varces, des renseignements
anonymes désignaient Bouziane comme le commanditaire de cette opération inédite.
Des interceptions téléphoniques permettaient de faire le lien entre cet homme de
23 ans et Marcel Egea. Dans des conversations enregistrées au parloir, le tireur
présumé évoquait aussi avec deux amis des remises d'argent en paiement du
meurtre. Ces amis remettaient en outre à Egea de la résine de cannabis et des
vêtements Lacoste, qui devaient s'avérer avoir été achetés par le commanditaire
présumé.
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