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vendredi 27 avril 2012

Détenu abattu en pleine prison : le "sniper" présumé s'est suicidé

Ce vendredi, au matin même de son procès, le sniper présumé de la prison de Varces s'est suicidé à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas. Marcel Egea aurait dû comparaître devant les assises du Rhône. Il était accusé d'"association de malfaiteurs" et de "meurtre et tentative de meurtre en bande organisée en récidive légale". Un homme au passé judiciaire chargé : en 1978, il avait déjà été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre lors d'un braquage. Il était accusé d'avoir abattu de cinq balles Sghaïr Lamiri, un détenu de 29 ans, le 28 septembre 2008 en pleine cour de la prison de Varces, en Isère. Peu après l'annonce de son suicide, le procès, où devait également comparaître Mourad Bouziane, accusé d'avoir commandité ce meurtre spectaculaire et inédit en France, a été renvoyé.
La victime, Sghaïr Lamiri, purgeait une peine de huit ans de prison pour vols à main armée. Il était lié à l'un des clans s'affrontant dans des règlements de comptes sanglants dans l'agglomération grenobloise depuis plusieurs années. Son frère, trafiquant notoire, avait été tué en 2003. D'après des informateurs de la police, Sghaïr Lamiri était tenu pour responsable d'un guet-apens monté en 2007 en Isère, à Champagnier. Un homme y était mort et un autre avait été blessé grièvement. Un certain Mourad Bouziane en avait réchappé.
Un fusil encore chaud
Les tirs ayant atteint Sghaïr Lamiri en ce 28 septembre 2008 provenaient d'un tireur embusqué positionné sur une colline surplombant l'établissement pénitentiaire. Un quart d'heure après les faits, Marcel Egea, alors âgé de 58 ans, avait été arrêté sur une moto volée. L'homme portait un fusil de chasse à lunette Remington dont le canon était encore chaud. Il était vêtu d'une tenue de camouflage et prétendait être venu cueillir des champignons. L'enquête devait montrer qu'il s'était rendu régulièrement sur les lieux auparavant. A son domicile, des munitions, des jumelles et un trépied pour arme longue étaient retrouvés.
Rapidement après la fusillade de Varces, des renseignements anonymes désignaient Bouziane comme le commanditaire de cette opération inédite. Des interceptions téléphoniques permettaient de faire le lien entre cet homme de 23 ans et Marcel Egea. Dans des conversations enregistrées au parloir, le tireur présumé évoquait aussi avec deux amis des remises d'argent en paiement du meurtre. Ces amis remettaient en outre à Egea de la résine de cannabis et des vêtements Lacoste, qui devaient s'avérer avoir été achetés par le commanditaire présumé.

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