Une mère de famille attaque en référé le laboratoire Sanofi-Aventis. Elle accuse la Dépakine, un médicament anti-épileptique, d'être responsable de la pancréatite dont sa fille a été victime et souffre toujours.
«MA fille Anne-Shirley a 12 ans. Elle est handicapée de naissance. Il n'est pas question de tomber dans le social ou le misérabilisme, mais il faut que les choses soient dites. » Virginie Kies, la mère d'Anne-Shirley, est en colère et entend le faire savoir. Elle vient d'ailleurs de charger le médiatique Me Ludot d'assigner, en référé devant le tribunal de grande instance de Paris, la firme Sanofi-Aventis, qui commercialise la Dépakine Micropakine, un anti-convulsif.
« En juin 2011, Anne-Shirley a été soignée dans le cadre d'un traitement anti-épileptique avec de la Micropakine. Elle a commencé à être malade. Le neuropédiatre m'a alors suggéré de modifier la prescription par de la Dépakine, le même composant, ce qui a eu pour effet de la faire vomir davantage, de lui faire perdre ses cheveux, sans compter les troubles cognitifs ! »
Virginie Kies a aussitôt conduit sa fille chez un gastro-pédiatre qui a prescrit divers examens. Le médecin a alors conclu à une « pancréatite post-médicamenteuse ».
« Son bilan sanguin a révélé un taux de lipases à 680. La valeur normale est de 1,3 à 60 ! Ma fille a dû être hospitalisée d'urgence du 28 décembre 2011 au 13 janvier 2012 », explique ulcérée la jeune maman.
Si les jours d'Anne-Shirley ne sont pas en danger, les effets se font aujourd'hui toujours sentir. « Le traitement pour la pancréatite est relativement long : mise à jeun puis alimentation par sonde gastrique. Quand les vomissements cessent, on instaure un régime sans graisse jusqu'à ce que la lipasémie revienne à la normale. Ça veut dire plus de bonbons, plus de gâteaux, plus de McDo pour une gamine de 12 ans ! Et aujourd'hui, son taux est encore à 266 ! »
Pas question pour Virginie Kies d'en rester là. « Elle n'entend pas rester sans indemnisation quant aux conséquences de cette pancréatite post-Dépakine, précise son conseil Me Ludot. Ce médicament comporte de très nombreux et violents effets secondaires qui ont été souvent dénoncés, mais sans succès. »
Une centaine de plaintes
En Grande-Bretagne, depuis 2006, un collectif de familles (Organisation for Anticonvulsant Syndromes) se bat ainsi contre le laboratoire Sanofi. Des centaines de plaintes ont d'ores et déjà été déposées devant la justice britannique. En Belgique, le cas d'une fillette de 5 ans, devenue sourde et aveugle après que sa mère a été traitée avec la même molécule, est examiné par le tribunal de Dinant. Aux USA, la FDA (Food and Drug Administration) a déjà mis en garde contre les effets indésirables de la Dépakine.
En France, une mère de famille de 36 ans avait également saisi la justice en 2008, accusant la Dépakine d'être responsable des troubles cognitifs dont souffraient ses deux enfants. Le juge avait alors désigné un collège d'experts de l'hôpital parisien Necker. Cette commission n'avait pu établir de lien entre les troubles chez ces deux enfants et le médicament. Par cette assignation en référé, Me Ludot espère obtenir une mesure d'expertise médicale de la fillette. Virginie Kies, elle, n'espère qu'une seule chose, « le retrait de ce médicament du marché. Je n'ai pas d'excuses à faire sur la façon dont j'essaye de réparer les erreurs médicales, et je ne suis pas désolée d'être franche ».http://www.lunion.presse.fr/article/marne/une-remoise-attaque-la-firme-sanofi-aventis
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