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samedi 3 mars 2012

Invité à un dîner, le médecin de garde refuse de se déplacer

LE 13 FÉVRIER, un Montbéliardais, Daniel Rémy, dénonçait le fait que le médecin de garde ne se soit pas déplacé pour sa femme infirme. Son témoignage a réveillé la colère d’une habitante de Médière : « Je suis vraiment horrifiée pour cet homme ainsi que pour son épouse qui a dû souffrir. Mais, malheureusement, je ne suis guère étonnée », s’exclame Catherine Petitjean, mère deux petites filles, Wendy, 5 ans et Fanny, 3 ans. Et de faire partager, à son tour, une malheureuse expérience en la matière, survenue le 4 décembre. « Car on ne peut pas laisser passer de tels agissements », assène-t-elle.
Ce dimanche d’hiver, aux alentours de 20 h 30, Catherine et son mari, Christophe, sont en proie à une légitime inquiétude. Leurs deux petites filles sont malades. Wendy tousse, elle a de la fièvre. Mais c’est la petite Fanny qui les angoisse le plus. La fillette monte à 39, 9.

« On devrait s’en vouloir d’être inquiets »

Malgré des bains, des soins, la température ne baisse pas. « Subitement, Fanny s’est mise à courir dans tous les sens. Elle était très excitée. On ne comprenait plus ce qu’elle disait. C’est, habituellement, une petite fille très calme ». Les parents, qui essaient de ne pas céder à la panique, composent le 15. « Rhabiller la petite pour aller à la maison médicale de Montbéliard aurait pris beaucoup trop de temps ».
Au téléphone, un praticien gère les appels et fait preuve de compréhension : « Je vais essayer de contacter le médecin de garde », dit-il à la maman. Quelques minutes plus tard, l’homme reprend le combiné, visiblement très embêté : « Ce docteur du SAMU m’a expliqué que le médecin de garde ne pouvait pas se déplacer chez moi parce qu’il était à un dîner qui allait durer jusqu’à minuit… ».
Catherine Petitjean tombe des nues : « J’ai demandé s’il était possible de l’avoir au téléphone pour, au-moins, me donner un avis médical ». Toujours très ennuyé, son interlocuteur lui répond que le médecin de garde « ne souhaite pas lui parler ». Alors que faire ? « Le régulateur du SAMU m’a demandé ce que j’avais dans ma pharmacie, il m’a conseillé de donner des anti-inflammatoires à ma fille et de la surveiller. Il était très gentil et paraissait aussi dégoûté de l’attitude de son « confrère » ». Résultat : une soirée d’angoisse. Heureusement, la fièvre de la petite finit par diminuer. « Si on était allé aux urgences, je pense qu’on aurait encore eu droit à une réflexion du style, vous auriez pu attendre demain… Il faut prouver que son enfant est malade. On n’a plus le droit d’être inquiets et d’être rassurés. On devrait s’en vouloir » tempête la maman.
Le lendemain (5 décembre), c’est la croix et la bannière pour une consultation chez un docteur : « Il a fallu évidemment prendre rendez-vous. On l’a eu l’après-midi. L’état d’excitation de Fanny était dû à la fièvre. ». Catherine Petitjean est outrée du comportement du médecin de garde : « Certains docteurs s’assoient sur le serment d’Hippocrate pour faire un bon gueuleton. On devrait parler d’un serment d’hypocrite. Je ne profite jamais des services sociaux et de santé. Mais j’étais en détresse et je me suis sentie trahie. J’apporte tout mon soutien aux parents, aux personnes vulnérables à qui ça a pu arriver… ».
La mère de famille a signalé les faits aux gendarmes : « Ils ne peuvent rien faire mais, eux, ils m’ont écoutée ». La dame a écrit à l’Ordre des médecins. Pour le moment, elle n’a reçu aucune réponse.
http://www.estrepublicain.fr/doubs/2012/03/03/un-serment-d-hypocrite

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