Le 23 novembre, cette bâtisse part en fumée. Malgré l’intervention des pompiers locaux. Les gendarmes, qui débutent leur enquête, constatent que deux jerricans d’essence se trouvent derrière la maison. « Et vu l’odeur, quelqu’un vient de s’en servir », souligne le président Thomas Grégoire.
Les propriétaires sont absents. En fait, ils viennent de se séparer, c’est pourquoi les lieux sont vides.
Vu le contexte, la société d’assurance en charge du dossier d’indemnisation fait appel à deux experts. La conclusion est sans appel : le feu a pris à deux endroits différents. Pire, des meubles ont été empilés dans le salon, presque comme pour mieux les brûler. Le caractère « douteux » du sinistre est inscrit dans un rapport.
Les gendarmes auditionnent la nouvelle compagne du propriétaire de la maison. Qui passe à table rapidement. Un soir, son compagnon et son meilleur ami sont rentrés ivres à la maison. Ils sentaient l’essence et se sont vantés d’avoir brûlé la maison.
115.000 € de dommages
Les deux comparses devaient comparaître hier devant le tribunal correctionnel de Verdun. Mais ils étaient absents à la barre. Le propriétaire, depuis le début de l’audience. Quant à son ami, il est allé fumer une cigarette mais n’est jamais revenu. Son avocat Me Olivier Bienfait ne comprend pas pourquoi. « Il est parti en fumée », plaisante le procureur.Côté partie civile, il y a bien sûr l’autre propriétaire de la maison, l’ex-femme du prévenu. « Ma cliente n’a pas souhaité être là, pour ne pas revoir son ex », souligne son avocat, Me Philippe Maurel. « Aujourd’hui, ma cliente gère les conséquences de cette rupture. Elle doit payer le prêt de la maison, qui ne vaut plus rien aujourd’hui. Elle voulait vendre ! Mais c’est trop tard. Elle va sûrement payer toute sa vie. » Il réclame aux deux prévenus le prix de mise en vente de la maison : 115.000 €. Me Bienfait, qui défend « le complice », dénonce ce montant. « 115.000 € ? Entre un mandat de vente et ce que la maison vaut vraiment, il y a une différence ! » Il veut une audience sur intérêts civile.
Mais seulement si le tribunal ne relaxe pas son client. Car pour lui, aucun doute : « C’est l’ex-mari de madame qui a incendié la maison, pas mon client. Cela ne lui apportait rien ! Il l’a juste emmené sur les lieux. »
Le procureur Yves Le Clair requiert 2 ans de prison avec sursis et mise à l’épreuve contre l’ex-mari et un an avec SME contre son ami.
http://www.estrepublicain.fr/meuse/2012/03/08/il-brule-sa-maison-pour-l-assurance
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