A nouveau devant la justice. Christophe Rocancourt, surnommé "l'arnaqueur des stars", comparaît vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour un abus de faiblesse qu'il aurait commis sur la cinéaste Catherine Breillat.
Elle porte plainte pour abus de faiblesse en avril 2009 contre le play-boy normand. Ils se sont rencontrés deux ans plus tôt. La réalisatrice des très tourmentés "Romance", "A ma soeur" ou "Anatomie de l'enfer" lui propose alors un projet de film, "Bad Love", et lui confie l'écriture d'un scénario intitulé "La vie amoureuse de Christophe Rocancourt". A la signature de ce dernier contrat, elle lui remet un chèque de 25.000 euros. En l'espace d'un an et demi, Catherine Breillat signera ensuite 12 autres chèques à l'ordre de celui qu'elle a rebaptisé "le Rauque", pour un montant total de 703.000 euros.
La réalisatrice accuse Christophe Rocancourt d'avoir profité de son état d'extrême fatigue après un accident vasculaire cérébral (AVC) survenu en 2005 et ayant entraîné une hémiplégie, des crises d'épilepsie et des troubles en matière d'écriture et de calcul. "Tant qu'on n'est pas absolument ruiné, il est impossible de se rendre compte soi-même qu'on est victime d'un abus de faiblesse", expliquait-elle en août 2010 sur France 2. "On est non seulement dépouillé de son argent, mais aussi de sa personne; ce n'est pas votre personnalité qui signe les chèques ou qui donne l'argent". Christophe Rocancourt affirme, lui, que la sexagénaire avait conscience des chèques qu'elle signait.
Le "harcèlement" du séducteur
Trois témoignages recueillis durant l'enquête attestent pourtant de la vulnérabilité de Catherine Breillat. Ainsi, le médecin l'ayant rééduquée après l'AVC de 2005 pointe d'importantes séquelles. D'après lui, elle ne disposait plus de toutes ses capacités et n'avait plus la notion de la valeur de l'argent. Deux expertises médicales confirment l'emprise qu'a pu exercer Christophe Rocancourt, en se présentant "en ami protecteur et fidèle" face à une femme affaiblie. Quant à l'entourage de Mme Breillat, il évoque le "harcèlement" du séducteur, qui n'a pas hésité, début 2008, à installer la scénariste durant quatre mois au domicile qu'il partageait avec sa compagne d'alors, l'ancienne Miss France Sonia Rolland.
Durant l'instruction, cette dernière a reconnu avoir été étonnée d'une telle sollicitude et trouvé anormal que la cinéaste soit installée dans un simple canapé, au vu de son état de santé. Selon elle, Catherine Breillat, dans un état constant de somnolence, était alors dans une dépendance totale. Christophe Rocancourt répond que les sommes qu'il a reçues étaient complètement justifiées. D'une part par l'écriture du scénario que lui avait commandé la réalisatrice, d'autre part par un contrat qu'ils auraient conclu pour le tournage de "Bad Love", dans lequel devait jouer l'ancien top-model Naomi Campbell. Rocancourt assure que le contrat fixait sa rémunération à 900.000 euros. Il reconnaît que ce projet n'a finalement pas abouti et qu'il est redevable des avances perçues. Mais selon lui, il ne s'agirait que de prêts non remboursés. Seulement, il n'a jamais été en mesure de produire un exemplaire de ce contrat.
L'homme de 44 ans a été condamné à plusieurs reprises en France et Etats-Unis, notamment en 2003 pour avoir escroqué le tout-Hollywood qu'il fréquentait sous différents pseudonymes.
http://lci.tf1.fr/france/justice/christophe-rocancourt-a-la-barre-7000120.html
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