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mardi 31 janvier 2012

Des retraités condamnés pour trafic de cocaïne à Libourne

Pas de malaise cette fois au tribunal correctionnel de Libourne. Le 18 janvier, un retraité presque septuagénaire, de santé plutôt fragile, s'était évanoui à la barre, alors que le président Pétriat exposait les faits pour lesquels il devait être jugé aux côtés de trois autres prévenus. Les quatre dont la moyenne d'âge frôle la soixantaine, comparaissaient donc à nouveau hier pour détention, acquisition et transport de stupéfiants, pour association de malfaiteurs et pour détention d'arme sans permis.
Une soirée de mars 2011, les services de la Douane interpellent Gérard Marie, 63 ans, près de la gare à Libourne. L'intervention du chien anti-drogue, Crack, permet aux fonctionnaires de saisir 1,183 kg de cocaïne. « Une quantité considérable que l'on suppose destinée à l'approvisionnement de tout le Libournais », commente le président du tribunal. « D'autant que sa qualité est exceptionnelle - pure à 86,6 % - et elle supporterait d'être coupée quatre ou cinq fois. Au final, cela donnerait cinq kilos possibles à la revente ! »

Repérés par leurs téléphones
Le sexagénaire, retraité, revenait de Paris, d'où il était parti le matin de ce 25 mars. Il reconnaît les faits mais reste peu loquace, « par peur des représailles sur les petits-enfants ». La veille, il a passé la soirée dans le mobile-home où vivent Bernard Loury, 67 ans, et sa concubine, près de Coutras.
D'après les enquêteurs, c'est là que le trio fixe les derniers détails de l'opération. Le jour du voyage, les deux hommes échangeront de nombreux appels et messages par téléphone. Quant à la femme de Bernard Loury, elle était chargée de faire le guet à la gare, d'après eux « pour couvrir Gérard Marie dont la voiture n'était pas assurée ». Là aussi, ce sont les échanges téléphoniques avec son compagnon qui trahissent son affolement après l'interpellation de Gérard Marie. Robert, un ami invalide du couple, « au courant de rien », est alors appelé pour « nettoyer la caravane » et faire disparaître une arme et une somme de 14 000 euros en petites coupures.
Au cours des perquisitions, grâce à un autre chien anti-drogue, les enquêteurs découvrent les billets dans le jardin de Robert, enterrés sous une plate-bande… de pieds de cannabis. Après analyse, l'argent présentait des traces de cocaïne, tendant à prouver le trafic, « comme 32 % des billets circulant en France », affirme Me Bargiarelli, avocat de Bernard Loury, minimisant l'affaire comme ses confrères.
Des apparences trompeuses
« Pourtant ce ne sont pas de modestes retraités menant une vie tranquille à la campagne, mais bien des trafiquants ! », s'exclame Sandrine Ballanger, la procureure de la République, voulant casser des apparences trompeuses. Gérard Marie avait effectivement déjà été condamné en 2002 à six ans de prison pour trafic de drogue. Quant à Bernard Loury, il avait écopé de quatre ans de prison en 2003 pour des faits similaires.
En état de récidive légale, les deux hommes devront purger une peine de dix ans de prison ferme, assortis de 2 000 euros d'amende douanière pour Gérard Marie, et de la confiscation générale de tous les biens pour Bernard Loury. Sa compagne a été condamnée à deux ans de prison dont un avec sursis, et Robert à six mois avec sursis.
http://www.sudouest.fr/2012/01/31/des-retraites-condamnes-pour-trafic-de-cocaine-620371-2966.php

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