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jeudi 17 novembre 2011

Le « trou noir » et les « furies »

DEVANT LE TRIBUNAL correctionnel, même leur avocate, Me Amélie Baumont, reconnaissait que dans cette famille « perturbée », « tout le monde aurait intérêt à suivre une psychothérapie ».
La mère (inaudible à la barre), le fils (épileptique et sujet à la colère dès qu’il est pris de boisson), les deux filles (l’une fond facilement en larmes et l’autre est atteinte de « phobie grave »), une famille belfortaine prévenue d’outrages et de violences sur trois agents de police.
Des faits qui remontent au 20 septembre dernier. Ce soir-là, vers 21 h, la police est appelée par les voisins d’un immeuble belfortain où il semble qu’une famille se dispute gravement. Ce qui, d’après leurs dires, n’est pas la première fois.

Bombes lacrymogènes

Avant que les trois agents ne montent dans les étages, le garçon de la famille, apparemment alcoolisé, surgit par la porte d’entrée. Après avoir projeté à terre l’agent féminine, il injurie copieusement ses deux collègues en les menaçant de mort. Son état d’agitation est tel que les policiers peinent à le maîtriser. Et pire encore lorsque les deux sœurs et la mère, descendues elles aussi au bas de l’immeuble, vont s’opposer à son interpellation.
« Les deux filles », déclareront plus tard les deux agents, « nous tiraient les vêtements, nous donnaient des coups de poings et de pieds en nous injuriant. Elles étaient comme des furies ». Tant et si bien qu’il leur aura fallu utiliser les bombes lacrymogènes pour s’en défaire. « L’une a sauté sur mon dos, pendant que le frère me lançait ses doigts dans les yeux ».
Et ceci pendant que le père tente vainement de calmer le jeu. Mais ce dernier, qui vit depuis quelque temps dans la cave de l’immeuble, coupé de la famille, se fait aussi copieusement insulter pour avoir fait appel à la police.
A la barre du tribunal, le jeune homme (quatre condamnations au casier pour vol, dégradation, outrage, rébellion) qui, lors de la garde à vue ne se souvenait de rien (« c’est le trou noir », disait-il aux enquêteurs), s’exclame : « Je réfute toutes ces accusations ». Ce qui fait bondir le président : « Vous aviez un trou de mémoire et tout d’un coup, vous vous souvenez de tout ? »
Apparemment. Puisque le prévenu en rajoute sur la violence présumée des agents de police qui auraient abusé des coups de matraque. Sur sa personne et celles de ses sœurs.
Des affirmations reprises par l’aînée des sœurs, illustrées par moult explications et mouillées de larmes. Mais contestées par le seul témoin oculaire étranger à la famille.
« On veut nous livrer ici un scénario de violences policières », s’est énervé Me Richard Belin, pour les trois parties civiles. « Mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».
Le tribunal a suivi à peu de chose près les réquisitions du parquet qui déplorait « un éclat de violence collective impardonnable », d’après Anaïs Riegert.
Il a condamné le jeune homme à trois mois avec sursis, les deux sœurs à 120 et 60 heures de TIG et la mère à une peine d’amende de 500 euros avec sursis.
http://www.estrepublicain.fr/justice/2011/11/17/le-trou-noir-et-les-furies

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