Mais la fête a tourné au drame, dimanche vers 20 h 50. Assise sur un banc de brocante, une famille originaire de Woimbey prend du bon temps. Trois enfants s’amusent à proximité. « J’étais à ma fenêtre, je lisais un livre d’Alain Fournier. J’ai vu le petit garçon jouer avec un pistolet », se souvient Grietje, une Hollandaise en vacances pour trois semaines au village.
Soudain, l’enfant quitte le trottoir et s’engage sur la chaussée. Sans prendre garde à l’arrivée, sur sa gauche, d’une voiture en provenance de Troyon et à bord de laquelle se trouve une jeune conductrice qui cherche une place pour se garer et profiter de la soirée. « Les différents témoignages permettent de dire qu’elle roulait à faible allure, à environ 20 km/h », avise le substitut du procureur de Bar-le-Duc, Gwenaelle Antoine.
Le choc avec le corps du petit garçon est pourtant terrible. « Elle n’a pas freiné. Mon père s’est mis à hurler quand il a vu la voiture arriver. Son grand frère jouait avec lui, une petite fille a juste eu le temps d’éviter le pare-chocs », témoigne Floriane, foraine de Toul qui a bien malgré elle assisté à la scène. « Je n’en ai pas dormi de la nuit… », confie-t-elle, toujours marquée par ces violentes images.
Des cris et des hurlements se font entendre parmi la cinquantaine de personnes présentes ce soir-là. Le père de la victime prend alors son fils dans ses bras et court vers sa voiture pour rejoindre, à quelques kilomètres de là, le village de Troyon, où il connaît une infirmière. Il y croise les sapeurs-pompiers, alertés de l’accident par des témoins. Des massages cardiaques sont aussitôt effectués sur le petit corps mais le cœur ne répond déjà plus.
Sur place, à Ranzières, l’effroi est considérable. « J’ai réuni plusieurs membres du conseil municipal, décision a été prise de stopper la musique et le bal populaire », souligne Édith Beauguitte, le maire. Qui avait bien pris soin de placer, à l’entrée de la commune, des panneaux de signalisation indiquant aux automobilistes de ralentir pour cause de fête foraine. Moment habituel de convivialité, le vin d’honneur d’hier matin à la salle des fêtes a été très bref. « On n’a pas voulu annuler mais il y avait très peu de monde. Le cœur n’y était pas », ajoute Édith Beauguitte, très peinée par la situation.
Domiciliée dans les environs, la conductrice, qui venait de décrocher son permis depuis quelques semaines, n’a pas vu l’enfant traverser devant sa voiture. « Elle a simplement entendu le choc », confirme le substitut du procureur.
Très choquée, la jeune femme a dû être soutenue par des habitants pour rester debout. Les tests d’alcoolémie pratiqués par les gendarmes se sont révélés négatifs. Comme la procédure l’exige, elle a aussitôt été placée en garde à vue dans les locaux de la gendarmerie de Saint-Mihiel. Avant d’être présentée, hier soir à la suite de l’ouverture, par le parquet, d’une information judiciaire, au juge d’instruction de Bar-le-Duc qui l’a mise en examen pour « homicide involontaire par conducteur ». Elle a été remise en liberté dans la soirée et placée sous contrôle judiciaire.
http://www.estrepublicain.fr/fr/a-la-une-aujourdhui/info/5525484-Drame-a-la-fete-foraine-dans-la-Meuse
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