STÉPHANIE Histe fait montre d'une force morale exceptionnelle au regard de la souffrance extrême que lui a infligé son mari en tentant de l'abattre d'un coup de fusil à la tête, samedi dernier près d'Aulnois-sous-Laon. Miraculée pour avoir tutoyé la mort de quelques centimètres, l'infirmière de 33 ans se remet peu à peu de ses terribles blessures sur un lit d'hôpital à Amiens. C'est là que des proches, dont son jeune fils de 12 ans, ont pu lui rendre visite pour la première fois depuis le drame, lundi après-midi.
Évidemment, son joli visage aux traits si fins est méconnaissable, gonflé par les œdèmes et mangé par un cerclage de métal qui enserre sa mâchoire brisée. Évidemment, elle ne peut pas prononcer le moindre mot. Évidemment, elle est extrêmement fatiguée. Mais Stéphanie conserve toutes ses capacités de compréhension. Son doux regard et le sourire qui se lit sur ses lèvres sont intacts. Parce que dans son malheur mais par chance aussi, le projectile, une balle de Brenek pour sanglier, a traversé sa joue pour ressortir sous sa mâchoire avant de se perdre dans la nature, le long de la Départementale 967.
Des petits mots sur une ardoise
Stéphanie a donc pu écouter les siens pour trouver un peu de réconfort, de la tendresse et beaucoup d'amour. Des proches abasourdis de découvrir un petit bout de femme « avec un moral fou ». Un moral d'acier même, puisque « c'est finalement elle qui nous a réconfortés ». Parce que Stéphanie a trouvé la force de converser avec eux. Comment ? Par le biais d'une ardoise sur laquelle elle a inscrit des petits mots qui font chaud au cœur, témoignant d'un grand potentiel de rémission à des proches au bord des larmes, hier encore.
Le drame qui a bien failli lui coûté la vie ? Le sujet n'a pas vraiment été abordé. Car Stéphanie « ne se rappelle de rien pour l'instant ». « Un trou noir » assez courant chez les personnes en état de choc ayant eu à vivre pareil traumatisme. Peut-être aussi retrouvera-t-elle la mémoire au fil du temps ? Ce n'est de toute façon qu'accessoire pour l'heure.
Les dix minutes de visite autorisées sont maintenant écoulées. Son garçon et ses proches sont priés de la laisser se reposer.
Ils repartent très émus et un peu plus apaisés après de terribles nuits d'angoisse.
http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/tentative-de-meurtre-le-courage-de-stephanie
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