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vendredi 17 décembre 2010

Le lourd passé de la tireuse du Bar des Amis

Jean moulant, bottes de cuir et sac à main : c’était la seule femme au Bar des Amis, à Alfortville, ce jeudi 25 novembre. A 18h2, en un battement de cils, cette mère de sept enfants sort un Smith et Wesson de son sac, braque un des habitués et lui tire sur le front comme on donne un uppercut. L’homme s’écroule. Pistolet à la main, elle longe le corps de sa victime alors qu’une nappe de sang imprègne le carrelage blanc.
Puis elle s’en va. Depuis le 3 décembre, cette Vitriote de 38 ans dort à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Après un bref réveil, l’homme qu’elle a tenté d’abattre est retombé dans le coma. Hier, après plus de vingt-quatre heures de garde à vue, elle a été déférée au parquet de Créteil pour tentative d’homicide.
Lorsque les hommes de la police judiciaire l’arrêtent le 3 décembre, c’est pour tout autre chose. Depuis plusieurs mois, elle était recherchée pour une série de braquages de banques à Paris et de vols chez des particuliers dans le Val-de-Marne. C’est en décryptant la vidéo de surveillance du Bar des Amis que les enquêteurs de la police judiciaire du Val-de-Marne ont fait le rapprochement.


En cavale à ce moment-là


« Elle se savait recherchée pour ses vols à main armée parisiens, raconte une source proche de l’enquête. Elle était en cavale. C’est là qu’elle s’est mise aux braquages chez les particuliers. » Elle n’a pas hésité à tirer sur un inconnu pour une algarade de bistrot.
« Cette femme était rompue à des méthodes élaborées du banditisme. Mais elle semble aussi capable de coups de sang redoutables », remarque une source policière.
Depuis plusieurs mois, elle était traquée pour « vols à la fausse qualité ». Accompagnée de deux complices, dont l’un avait passé un quart de siècle derrière les barreaux, elle se rendait chez des particuliers. Le trio, vêtu en policiers, prétendait devoir perquisitionner les lieux. A l’intérieur, ils ligotaient leurs victimes, les menaçaient parfois avec une arme de poing et raflaient tout ce qu’ils pouvaient. Ils auraient usé de ce stratagème au moins cinq fois ces derniers mois, notamment à Vitry. En garde à vue pour la tentative d’homicide du Bar des Amis, la braqueuse a reconnu les faits. « Elle disait : J’ai commis l’irréparable. Je ne peux pas revenir en arrière, relate une source policière. Elle sait qu’elle ne peut pas nier. Des experts psychiatriques se pencheront sur son cas, mais elle semble accessible à une sanction pénale. »
La fougue et la violence de cette mère de famille ne datent pas d’hier : en 2003, elle avait été condamnée à deux mois de prison avec sursis pour « violences volontaires et menace avec arme ». En 1990, tout juste majeure, elle avait eu affaire à la justice pour des faits de violence. Hier, le parquet de Créteil a ouvert une information judiciaire. Sept enfants pourraient ne pas revoir leur mère avant plusieurs années
http://www.leparisien.fr/val-de-marne-94/le-lourd-passe-de-la-tireuse-du-bar-des-amis-17-12-2010-1194333.php

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