Et si Monique Lejeune n'avait pas été tuée par Béatrice Matis, - actuellement dans le box des accusés - , ni par Jean-Luc Flament, son fils un temps suspecté, mais par un troisième individu ? Et si ce meurtre crapuleux était l'oeuvre d'un tueur en série qui sévirait dans la commune ? Une hypothèse prise au sérieux par les avocats.
Et voilà exhumée une affaire tout aussi sordide, celle du facteur de Coulogne, Serge Muylle, retrouvé sans vie à son domicile coulonnois un jour de novembre 2005, à quelques centaines de mètres seulement à vol d'oiseau de la rue du Virval, là même où Monique Lejeune a été tuée de 58 coups de couteau.
« Depuis un an et le renvoi du premier procès, j'ai retravaillé le dossier avec un oeil critique, sans parti pris, pour me préparer à toutes les hypothèses, explique Me Matrat-Maenhout, pour la partie civile. Mon atout, c'est d'être du cru et je me suis rendu compte dans mes recherches qu'il y avait des choses étranges, pas très claires, qui se passaient à Coulogne. » L'avocate a été la première à faire référence à l'affaire du facteur.
Le 23 novembre 2005, le corps de Serge Muylle est découvert à son domicile. L'autopsie révélera quelques jours plus tard qu'il a été battu à mort.
L'enquête a démontré en outre que Serge Muylle était en état d'ivresse manifeste le soir des faits dans les rues de Coulogne, qu'il est tombé en rentrant chez lui avant d'être violemment frappé. Malgré ses blessures, il est parvenu à regagner son domicile, au 13 rue Chopin, avant de succomber à une hémorragie dans ses toilettes. Deux ans plus tard, la justice s'est résolue à clore le dossier, faute de preuve. Le ou les meurtriers du facteur, très apprécié dans la commune, courent toujours. Le Parquet de Boulogne-sur-Mer n'avait pourtant pas ménagé ses efforts. Dans un premier temps, l'enquête de flagrance était prolongée. Un mois après les faits, une information judiciaire était ouverte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Dans ce cadre, les enquêteurs avaient multiplié les auditions. Plusieurs témoins étaient entendus à maintes reprises. Quelques-uns allaient même être placés en garde à vue. En vain. En dernier recours, le juge d'instruction a tenté quelques écoutes téléphoniques afin de confirmer des soupçons. Sans résultat. En novembre 2005, il prononce un non-lieu.
La référence à cette affaire est une aubaine pour la défense. Me Dupond-Moretti saisit la balle au bond d'autant qu'à ses yeux, plusieurs éléments troublants s'ajoutent au dossier : « Sur la porte d'entrée de la maison du facteur, on a retrouvé l'empreinte d'une main ensanglantée. Et dans l'affaire qui nous concerne aujourd'hui, il y a aussi sur le mur de la maison la trace d'une main ensanglantée qui n'appartient pas à l'accusé. C'est quand même une drôle de coïncidence qu'en l'espace de deux ans, la ville de Coulogne, qui doit compter 5 000 habitants, soit le théâtre de deux meurtres, sans mobile et sans meurtrier. » « Même si cela ne veut rien dire, ce n'est tout de même pas inintéressant, renchérit, Me Matrat-Maenhout.
C'est peut être juste le fruit du hasard ou peut-être pas. » Différentes coupures de presse relatant la mort du facteur de Coulogne ont tout de même été ajoutées au dossier d'instruction vendredi après-midi à la demande de la défense.
Certes. Mais si sept ans après la mort de Monique Lejeune, les avocats en sont encore à faire de telles suppositions, qui, il faut bien l'avouer, semblent hautement improbables, c'est une fois de plus la preuve que l'affaire Matis ne repose sur aucun élément concret permettant d'accuser à coup sûr Béatrice Matis. En ce sens, les réquisitions de l'avocat général, prévues mercredi matin, sont attendues avec impatience.
http://www.nordlittoral.fr/actualite/Faits_divers/Faits_divers/2010/11/21/article_l_affaire_du_facteur_de_coulogne_refait.shtml
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire