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mardi 30 novembre 2010

Crime / La double vie d'un monstre de jalousie

hebergeur image

Médéric Histe reste activement recherché, 48 heures après-avoir tenté d
'abattre son épouse d'un coup de fusil dans la tête. Cet ambulancier aux deux visages ne supportait pas l'idée d'un divorce.



BÊTE de travail, il est ambulancier, pompier volontaire et façonne d'arrache-pied sa maison. Bourreau des cœurs, il multiplie les conquêtes féminines en secret. Monstre d'égoïsme, il surveille jalousement son épouse et lui en veut à mort quand elle le découvre ses infidélités et demande le divorce.
Médéric Histe, 40 ans, est ainsi fait. Il jongle avec sa double personnalité, qui le rend étrange aux yeux de son entourage, un peu à la manière de ces psychopathes qui surfent sur le fil du rasoir.
L'été dernier, Médéric et Stéphanie Histe fêtent leurs noces de cuir, car s'ils partagent leur vie depuis sept ans, ils se sont mariés il y a seulement deux ans. Le 26 juillet 2008, lui, l'ambulancier-brancardier, et elle, l'aide-soignante, officialisent leur union en petit comité à la mairie de Laon. Cette image du bonheur parfait s'écorne vite, car son épouse soupçonne bientôt qu'il a une maîtresse.
Stéphanie, déjà mère d'un petit garçon, veut encore croire au bonheur simple d'un couple uni. Médéric lui prouve combien compte leur amour en travaillant sans relâche à la construction de leur maison à Aulnois-sous-Laon. Alors elle passe l'éponge. Elle se dit sans doute qu'elle a eu raison car, au fil des mois, son époux semble s'être assagi. Elle se dit sans doute aussi que l'obsession qu'il a de s'intéresser à ses moindres faits et gestes est une preuve de plus de leur amour indéfectible.


Des maîtresses derrière des SMS


Stéphanie ignore qu'en réalité, Médéric, yeux bleus et regard mystérieux, pimente plus que jamais son quotidien en multipliant les rencontres coquines dans la plus grande discrétion. Sa double casquette d'infirmier et de pompier volontaire lui facilite la tâche. Il peut s'éclipser en prétextant une intervention. Au fil du temps, la vigilance du mari s'émousse alors que son épouse s'inquiète de ses fréquents retards. C'est alors que la douce et tendre Stéphanie met la main sur un second téléphone portable auquel elle n'avait jamais prêté attention. En consultant par curiosité ses SMS, elle n'en croit pas ses yeux. S'affichent devant elle une série de rendez-vous à travers des petits messages qui ne laissent aucun doute quant à la nature des relations en question.
Oui, Médéric la trompe jusqu'à plus soif. Non pas avec une, mais deux, trois et davantage encore de maîtresses. Parfois des femmes mariées. Certaines sont des collègues de travail de Médéric, mais aussi d'ex-collègues de Stéphanie, elle qui travaillait à l'hôpital de Laon jusqu'à sa promotion au grade d'infirmière et son départ pour la maison de retraite de Cure aux Thuilleries. Évidemment, les excuses et les justifications d'un Médéric acculé par la révélation de sa double vie et de ses mensonges n'y font rien. Stéphanie décide de rompre. Définitivement. Elle entame d'ailleurs une procédure de divorce.


« Pulsions sexuelles »


Médéric Histe traverse alors une période d'angoisse teintée de jalousie à l'idée de perdre la belle et charmante Stéphanie. Il confie son mal-être à des proches, expliquant vouloir en finir avec la vie. Il se dit lui-même « malade de sexe », souffrant de « pulsions sexuelles incontrôlables qui l'amènent à voir d'autres femmes ». Au bord du désespoir, il envisage même de mettre fin à ses jours, mais, indique-t-il encore : « Je n'y arrive pas. » Plus que jamais, on le sent taciturne. Plus que jamais, il met mal à l'aise avec son regard « bizarre… étonné ». Il rassure les proches affirmant qu'il va s'effacer de la vie de Stéphanie. Sans faire d'histoire. Un peu à l'image de ce qui s'était déjà passé il y a sept ans quand il avait quitté son ex-épouse, ses deux filles et leur maison fraîchement construite de Pouilly, après ses infidélités démasquées.


« Projetée sur le canapé, un fusil pointé sur elle »


Dépressif et abattu, Médéric ne le reste pas longtemps. Son souhait de laisser Stéphanie en paix ne dure pas davantage. Le 31 octobre, la nuit d'Halloween, son visage ne porte plus le masque d'un homme aux abois. Quand il pénètre ce soir-là au domicile conjugal du 6, rue Barrière à Aulnois-sous-Laon, il a au contraire le visage sombre d'un homme en colère. D'un homme prêt à tout et même au pire pour forcer Stéphanie à reprendre la vie commune.
« Il l'a projetée sur le canapé, puis il a pointé un fusil sur elle, relate un proche. Stéphanie a eu la peur de sa vie. » Elle n'a pas perdu son sang-froid. Pour désamorcer la situation, elle le supplie de ne pas la tuer, « de penser à Hugo », le fils de Stéphanie, âgé de 12 ans. La malheureuse est si terrorisée qu'elle lui assure qu'elle va « réfléchir encore ». Médéric baisse son arme. Stéphanie trouve un prétexte pour s'enfuir. Elle ira déposer plainte. À l'issue de la garde à vue, le parquet de Laon décide qu'il sera jugé ultérieurement devant le tribunal correctionnel. En attendant, Médéric Histe est placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer son épouse. Son fusil est, naturellement, confisqué.
Cette mise en garde se révèle insuffisante pour enrayer le processus morbide qui se met en place dans la tête de Médéric. Vendredi, Stéphanie annonce à une proche son désir de se rendre à la salle communale de Barenton-Cel, le lendemain soir. « Elle commençait à revivre. Elle s'était aussi aperçue qu'elle était très soumise à lui. Elle devait faire preuve de tact et de diplomatie même pour convier des proches chez eux ou se rendre quelque part. »


Course-poursuite et balle de Brenek


Samedi soir, Stéphanie sort seule. Elle ne devait pas rentrer tard, car « elle prenait son service à 7 heures à la maison de retraite ». Aux environs de 20 heures, elle se met au volant de sa Seat Ibiza sport pour fêter le diplôme d'une collègue infirmière, reçue avec brio au concours. Sur la route du retour, aux environs de 22 heures, elle est prise en chasse par un véhicule, un Renault Scénic conduit par Médéric. Entre Crécy-sur-Serre et Aulnois, les deux véhicules s'entrechoquent. Terrorisée, Stéphanie s'arrête pour éviter l'accident.
Médéric et elle se retrouvent face à face sur le bord de la route, dans la nuit noire. Un fusil à la main, il subtilise d'un geste ses clés de contact. L'échange tourne court. Elle le contourne pour prendre la fuite à bord du Scénic dont le moteur tourne encore, mais le véhicule en question est embourbé. Alors Stéphanie tente de fuir à pied. C'est a priori là qu'il la fauche d'un coup de fusil dans la tête. Une balle de Brenek qui traverse sa mâchoire mais qui, par miracle, ne touche aucune fonction vitale. Un miracle que les médecins ont mis sur la voie d'une rémission.
Mais lui ? Pense-t-il avoir éliminé son épouse ? Il n'a de toute façon pas le temps de le vérifier cette nuit-là, car les phares d'un automobiliste de passage sont en vue, sitôt le coup de feu tiré. Médéric prend alors la fuite à bord de la Seat Ibiza, laissant derrière lui Stéphanie, affreusement mutilée. Cet ange dont il jurait il n'y a pas si longtemps qu'elle était amour. Son amour. La maman d'un enfant de 12 ans dont il s'occupait comme de son propre fils. Fallait-il sans doute être un monstre d'égoïsme pour commettre pareille atrocité
http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/crime-la-double-vie-dun-monstre-de-jalousie

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