Faits divers

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jeudi 25 novembre 2010

Avignon - Tentative de meurtre à la grenade

Philippe a nié. Devant les enquêteurs de la police judiciaire d’Avignon, il a nié avoir posé cette grenade sous la voiture de Pascal, un Avignonnais de 28 ans, stationnée dans le quartier paisible de Saint-Véran. Et puis, cet homme de 47 ans, ingénieur chez Eurocopter à Marignane, « un homme plutôt intelligent », dit un enquêteur, mais épuisé par 48 heures d’une garde à vue où les questions ont plu, a craqué dans le cabinet du juge d’instruction chargé de cette affaire aussi rare que terrifiante. Rare parce que les tentatives d’assassinat à la grenade se comptent sur les doigts d’une main dans la région.


Terrifiante parce que l’origine de la haine qu’il vouait à sa cible est d’une futilité affligeante. « Tout a démarré à une station essence durant l’été, indique un enquêteur. Ils se sont engueulés pour savoir qui allait payer en premier à la caisse ! » Le ton est monté. Les deux hommes sont descendus de leurs véhicules, une incroyable rixe éclate. Bilan : une jambe cassée pour Philippe. Dans l’intervalle, il a noté la plaque d’immatriculation de son agresseur et va, durant plusieurs semaines, fomenter ce qui s’apparente à un attentat.


« Il a la vendetta très tenace… »
C’est le vendredi 12 novembre au matin qu’il passe à l’action. « Il s’est procuré une grenade défensive et l’a remplie de poudre noire. De la poudre que l’on a d’ailleurs retrouvée en perquisition. Puis il a placé l’explosif, dégoupillé, sur la colonne de direction de façon à ce qu’il tombe au sol quand sa cible allait tourner le volant de sa Fiat Punto. Il avait bien préparé son coup puisqu’il avait accroché cette grenade à une ficelle dont la longueur avait été pensée au centimètre près pour que la bombe pète pile sous son siège », précise un proche de l’enquête. Il est 15 h 30 quand Pascal grimpe dans sa voiture. Il parcourt quelques mètres et le plancher de sa Punto explose. Comme prévu. Mais il ne sera que légèrement blessé et brûlé aux jambes et au fessier. L’enquête démarre.


La victime assure d’abord aux policiers ne pas avoir d’ennemis, mener une vie paisible. Puis pioche dans sa mémoire et évoque le souvenir de cette bagarre. La PJ tient une piste et interpelle, trois jours après les faits, l’ingénieur, qui vit à Tavel, dans le Gard. Philippe a donc nié, puis craqué. Oui, il a bien posé la bombe, oui il voulait se venger de cette blessure. Mais non, il ne voulait pas le tuer. « Pour autant, au lieu de porter plainte lors de l’agression dont il s’est dit victime, il a choisi la voie de la vengeance privée », déplore le procureur de la République d’Avignon, Catherine Champrenault. « C’est un gars qui a visiblement régulièrement des problèmes sur la route et qui a en plus la vendetta très tenace », complète un proche de l’affaire. En effet, dans son casier judiciaire, ressortent plusieurs affaires de violences liées à des altercations sur la route, et des armes ont été trouvées lors de la perquisition faite par la PJ à son domicile. Il a été mis en examen pour tentative d’assassinat et écroué en fin de semaine dernière.


http://www.francesoir.fr/faits-divers/avignon-tentative-de-meurtre-la-grenade.60140

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