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jeudi 21 octobre 2010

Un braqueur jeté vivant du 4e étage par ses complices

La PJ de Montpellier vient de résoudre un braquage et un meurtre hors du commun survenu en juillet dans une cité sensible de Nîmes.


La djellaba de leur victime les a perdus. A Nîmes, sept suspects viennent d’être arrêtés par le SRPJ de Montpellier pour leur participation à un crime hors du commun et particulièrement épouvantable : ils sont soupçonnés d’avoir jeté du quatrième étage, alors qu’il était encore vivant, l’un des complices avec lequel ils avaient commis un braquage particulièrement audacieux, dans un dépôt de tabac.


Tout démarre le 20 juillet dernier, à Lunel, entre Nîmes et Montpellier. Vers 13 heures, alors que les buralistes viennent, comme chaque jour, chercher leurs commandes au dépôt de tabac d’Altadis, quatre hommes encagoulés et lourdement armés déboulent, braquent tout le monde et chargent une centaine de cartons dans un fourgon : au total, des milliers de paquets de cigarettes, pour un butin estimé à 150.000 €.


Plutôt que de rentrer dans leur cité sensible de Nîmes, celle du Chemin Bas d’Avignon, les braqueurs vont planquer les cartouches chez un ami de l’un d’eux, qui dispose d’une maison au calme, dans un village limitrophe. Le lendemain, patatras ! plusieurs individus, là encore encagoulés et armés, braquent à leur tour l’ami et disparaissent avec le butin.


Qui a vendu la mèche ? Parmi les braqueurs, la tension monte. Et l’équipe soupçonne naturellement celui qui avait conseillé la planque. Le 23 juillet, dans un appartement squatté au quatrième étage de la cité nîmoise, l’explication de texte tourne à la barbarie. Halim Khedim, 26 ans, originaire de Seine-Saint-Denis, se retrouve pieds et poings liés avec du ruban adhésif. Il est roué de coups, pressé de questions, et puis tout dérape : il est jeté par la fenêtre et s’écrase au sol, treize mètres plus bas.


Traces d’ADN
Afin de brouiller les pistes, l’un de ses bourreaux descend et s’empresse de retirer l’adhésif des mains et des pieds du mort, avant de s’enfuir. Pas de chance : la scène, en plein jour, a de nombreux témoins. Pis : dans sa précipitation et à cause de la djellaba que portait la victime, l’homme oublie d’enlever le ruban qui lui liait aussi les genoux.


A leur arrivée, les policiers comprennent aussitôt qu’il ne s’agit pas là d’un suicide. Ils exploitent alors tous les éléments dont ils disposent, et notamment le fameux ruban qui a l’avantage, pour les enquêteurs, de très bien garder les traces d’ADN et autres empreintes digitales des personnes qui le manipulent…


La poisse pour les braqueurs et leurs comparses : après trois mois d’enquête, la PJ a investi en force la cité du Chemin Bas d’Avignon, mardi matin. Sous la protection des superflics encagoulés de la BRI (brigade de recherche et d’intervention), sept suspects ont été placés en garde à vue. Les auditions se poursuivaient mardi afin de tirer au clair à la fois le déroulement du braquage et les circonstances précises de la mise à mort d’Halim Khedim. Seule certitude : l’autopsie a montré que, malgré les coups qu’il avait reçus, le jeune homme était encore vivant quand on l’a fait basculer dans le vide. Quant aux policiers, ils s’interrogent encore sur sa vraie participation à la disparition du butin : et si ce n’était pas lui qui avait organisé le vol, mais l’un de ses comparses, attiré par l’appât du gain ? Dans les cités du Midi, les cigarettes se revendent aussi facilement que rapidement. Et les 107 cartons de tabac volés à Lunel sont très certainement partis depuis longtemps en fumée.


http://www.francesoir.fr/faits-divers/un-braqueur-jete-vivant-du-4e-etage-par-ses-complices.41600

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