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lundi 11 octobre 2010

Drame dans l'Aisne

Un seul coup de couteau dans le thorax a suffi pour le terrasser. Eric Mortellier, véritable force de la nature s'est effondré mort, samedi soir. Depuis, la femme qui partageait sa vie est en garde à vue.




«MAMAN, il est où papa ? » « Papa, il est mort. » Du haut de ses dix ans, le garçon n'a pas tout de suite réalisé, samedi en début de soirée. Il a passé l'après-midi à jouer avec des copains dans le quartier et vient de rentrer à la maison avec l'un d'eux. Il est un peu moins de 19 heures.
« L'enfant est parti dans la maison à la recherche de son père et l'a vu alors allongé au sol, livide », poursuit une riveraine.
Tandis que le fils reste auprès de son père inerte, son camarade de jeu court au centre de secours et revient accompagné d'un pompier.
Le secouriste réalisant la gravité de la situation prévient ses collègues et les gendarmes dont les locaux sont situés à 100 mètres des lieux du drame. Immédiatement, les secours entament un massage cardiaque, une équipe médicale du smur de Soissons est dépêchée sur place. Dès son arrivée, le médecin constate le décès du père de famille. Eric Mortellier, 47 ans, semble avoir été terrassé par un seul coup de couteau. Un couteau de cuisine. Sa compagne, Yolande Serieys, 48 ans, est dans un état second. Aux gendarmes, elle aurait avoué le geste meurtrier.
Elle a été placée en garde à vue. Elle devrait être vraisemblablement déférée devant le parquet de Laon, aujourd'hui. Le corps d'Eric Mortellier devrait être autopsié dans les plus brefs délais pour confirmer les causes de la mort.


Des disputes et des violences


A Vailly-sur-Aisne, hier, quasiment toutes les voitures empruntant l'avenue Jean-Jaurès ralentissaient au niveau du numéro 16, là où Eric Mortellier a perdu la vie. Sur la porte d'entrée en bois épais, une étiquette criarde attire l'attention. Seule trace visible permettant de convaincre les plus incrédules qu'une tragédie s'est, bel et bien, produite à cet endroit.
« C'est un drame de la misère sociale, je n'en dirais pas plus. » Annick Venet, maire de Vailly-sur-Aisne, tout comme les gendarmes et les sapeurs-pompiers du secteur n'en diront pas d'avantage. C'est auprès des voisins, de l'entourage directe du couple que progressivement s'esquisse la réalité du quotidien d'Eric et de Yolande. « Il n'était pas toujours là du fait de son métier. Il découpait la viande dans des abattoirs. Elle aussi travaillait là-dedans de temps en temps. Lui, c'était une force de la nature. Elle, une petite femme menue, quasi trop maigre. » A en croire le voisinage, ils s'étaient installés dans cette maison depuis décembre 2008, avec leur petit garçon.
Des disputes régulières, parfois violentes et sur fond d'alcool émaillaient leur existence. Eric aurait eu la main lourde, à plusieurs reprises. Pourtant, aucun commerçant ou voisin, rencontrés hier, n'a semble-t-il remarqué de traces de violences sur Yolande.
Les pompiers, les gendarmes intervenaient de temps en temps, au 16, rue Jean-Jaurès pour calmer les esprits. Samedi, ils ne sont pas arrivés à temps.
*prénom du mineur changé


http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/elle-poignarde-son-concubin
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