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samedi 9 octobre 2010

Cold Case - Affaire Julien Bergantini : un crime impuni

Julien Bergantini, grand jeune homme aux yeux bleus très clairs, n’était pas un fêtard notoire. Le 1er avril 1996, l’apprenti pâtissier, âgé de 18 ans et demi, sortait pour la première en fois en discothèque. Accompagné d’un copain, Olivier, de sa sœur aînée et d’amis à elle, il s’est rendu au Caesar Palace, à Illzach, tout près de Mulhouse. « Je ne rentrerai que demain matin, ne m’attendez pas », avait-il lancé à ses parents en quittant l’appartement familial situé à dix minutes à pied de l’établissement nocturne. Mais Julien n’est jamais revenu. En sortant du Caesar Palace, avec son ami et deux jeunes femmes, ils ont été pourchassés sur quelques mètres par un homme en voiture. Julien est mort, frappé à coup de massue par l’automobiliste qui a ensuite pris la fuite. Et n’a, depuis, jamais été arrêté.


Il était 4 h 47, ce 1er avril 1996, lorsque Julien a été découvert, inerte, au 70 rue Lefebvre, à Mulhouse. Les policiers, arrivés les premiers sur les lieux, ont d’abord cru à un accident de la circulation : la victime, qui marchait, courbée, sur la chaussée, aurait été heurtée par un véhicule avant de chuter sur le bitume. Mais, très vite, au vu de ses importantes blessures au visage, les enquêteurs ont découvert que Julien avait été frappé avant de s’écrouler. Ils ont ensuite appris, par Olivier, son copain qui l’accompagnait ce soir-là, qu’un homme les avait poursuivis en voiture à la sortie de la boîte. Les policiers de la section judiciaire du commissariat de Mulhouse ont tenté de remonter sa piste. Une tâche qui s’est avérée particulièrement compliquée.


Coups de « massue »
Les enquêteurs se sont attelés à reconstituer le déroulement de la soirée. Julien n’avait visiblement eu aucune altercation dans la discothèque. Il a quitté les lieux, à pied, vers 4 heures du matin avec son copain Olivier, 17 ans, apprenti pâtissier comme lui. Deux jeunes filles âgées d’une vingtaine d’années les accompagnaient. Lorsqu’ils sont sortis de la boîte, ils avaient prévu d’aller prendre le petit déjeuner chez l’une d’elles. Mais après quelques mètres, ils ont été importunés par un individu au volant d’une voiture. L’homme s’est alors arrêté. Il est descendu de son véhicule armé d’une « massue » ou d’une « hache ». Agé de 37 à 45 ans, moustachu, le regard étrange, l’air « hagard, comme un drogué », il aurait alors prononcé quelques mots incompréhensibles, en alsacien peut-être, à l’encontre du groupe. Olivier et les deux filles sont partis en courant dans un sens. Julien, dans une autre direction. L’homme est remonté dans sa voiture, l’a poursuivi, s’est une nouvelle fois arrêté. Cette fois-ci, il a frappé Julien, par-derrière, à quatre reprises avec cette arme. Il est ensuite remonté au volant de son véhicule. Et n’a jamais été retrouvé.


Portrait-robot
Pourtant, plusieurs témoins – riverain, clients de la boîte, ouvriers de l’usine Peugeot qui attendaient à un arrêt de bus – ont assisté à la « course-poursuite » initiale entre le groupe et la voiture. Selon certains, il s’agissait d’une « Citroën beige » immatriculée dans le Haut-Rhin. Pour d’autres, c’était une « 205 rouge ». Des versions contradictoires qui n’ont mené à aucune description précise. Concernant le suspect, un portrait-robot a été réalisé et présenté aux clients de la discothèque. Selon plusieurs témoignages, il pourrait correspondre à un homme, jusque-là inconnu de l’établissement mais présent dans la boîte, le soir du drame. Durant la soirée, ce dernier avait eu un comportement étrange. Les enquêteurs ont par ailleurs découvert que cet individu fréquentait d’autres établissements nocturnes de la ville. Sans succès. Le 19 septembre 2001, une ordonnance de non-lieu est prononcée. L’affaire est classée.


La piste Treiber
Pendant ce temps, la famille de Julien s’est rapprochée de l’Association d’aide aux parents d’enfants victimes (Apev). Certains enquêteurs à la retraite étudient des dossiers non élucidés. Ils se sont penchés sur celui de Julien. Une piste s’est profilée en 2004. Un homme est soupçonné. Mais l’audition est infructueuse. L’enquête est refermée mais cet acte interrompt le délai de prescription. Dernièrement, une nouvelle piste a émergé. Celle de l’implication de Jean-Pierre Treiber, l’ancien garde forestier qui s’est suicidé dans sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne), le 20 février dernier. Marie-Pascale Treiber, la veuve de Jean-Pierre Treiber, a été entendue sur une autre affaire, celle du meurtre d’Anaïs Marcelli, 10 ans, disparue le 10 janvier 1991, à Mulhouse. La malheureuse avait été retrouvée morte trois mois plus tard (voir notre édition du mardi 7 septembre 2010). Cette audition a également permis de vérifier l’emploi du temps de Treiber à l’époque du meurtre de Julien. Mais cela ne suffit pas à relancer l’enquête. Seul un élément nouveau le permettra.
http://www.francesoir.fr/faits-divers-justice/cold-case-affaire-julien-bergantini-un-crime-impuni.35370

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